Être Soi...

en libérant notre enfant intérieur.

05 Novembre 2017

La qualité de la Relation à Soi dépend de la qualité du dialogue entre notre « moi adulte », lucide et raisonnable, et notre « moi enfantin » vulnérable et souvent possédé par des émotions débordantes. La nature de notre relation à notre enfant intérieur conditionne l'image que l'adulte a de lui-même mais aussi sa difficulté ou son aptitude à son bien-être.

Nous nous sommes tous ressentis, à un moment donné, un enfant incompris, brimé, abandonné, malmené ou réduit au silence par le monde des adultes. Dans ces moments-là, c’est notre spontanéité et notre essence profonde qui ont été contenues. 

Puisque nous sommes devenus adultes, nous avons la possibilité d’offrir à notre enfant intérieur la reconnaissance et la liberté. Il s’agit-là de reconnaître et de libérer notre essentiel, notre potentiel créatif, notre spontanéité et, finalement, notre propre nature héroïque.

Cet enfant vit toujours en nous, discrètement, apeuré peut-être et donc parfois réduit au silence. Il est temps de se préoccuper de lui, de le réhabiliter et de prendre soin de lui.

Cet enfant, il n’a pas forcément eu l’enfance qu’il souhaitait, qu’il rêvait. Il a peut-être été parfois grondé, contenu, jugé, incompris, voire brimé dans ses émotions, dans ses besoins, dans sa spontanéité.

Pire, il a peut-être même été trahi, abandonné, rejeté, humilié, bafoué ou s’est senti victime d’injustice.

Il n’a peut-être pas eu l’opportunité de vivre suffisamment une vie d’enfant, légère et insouciante, dédiée à l’amusement, au jeu, à la fantaisie infinie sans se préoccuper des conséquences.

Il n’a peut-être pas assez été assez câliné, cajolé, conforté, protégé, sécurisé par des parents suffisamment matures, attentifs et avenants.

Il ne s’est peut-être pas senti accueilli, accepté et pardonné dans ses faux-pas, dans ses erreurs, dans ses « bêtises d’enfant », dans ses limites ouu incapacités.

Il ne s’est pas toujours senti aimé de manière inconditionnelle, et peut-être même a-t-il douté qu’il était digne d’être aimé.

Cet enfant a pu se sentir déstabilisé, perdu, en échec dans ses relations avec les adultes.

A force de se sentir persécuté, blessé, abîmé, tiraillé, il a peut-être naturellement développé une carapace ou une armure pour se protéger. Le revers de cette carapace ou cette armure qui l’ont fort bien protégé et lui ont permis de traverser cette adversité, c’est qu’elles l’ont privé de toute possibilité de légèreté et d’envol.

Il est pourtant temps pour lui de s’envoler, de lâcher toutes les protections contre les adultes du passé. Puisque à présent l’adulte est en nous, nous nous engageons à écouter et prendre soin de cet enfant intérieur.

Cet enfant a aujourd’hui la possibilité de remiser l’armure ou de se libérer de sa carapace et faire confiance à l’adulte qui vit avec lui à présent, lequel s’engage à le protéger de son mieux.

Cet adulte doit lui prouver son amour inconditionnel, son écoute, sa compréhension et accueillir la spontanéité de cet enfant intérieur.

Il y a aura sans doute quelques larmes de colère et de tristesse à accueillir dans un premier temps, mais elles seront le liquide nourricier du pardon. Se pardonner d’avoir fait comme les autres adultes et fait perdurer l’étouffement des émotions de l’enfant intérieur en méprisant ses désirs, ses peurs, ses douleurs, ses doutes, ses blessures, ses besoins d’amour, de sécurité, et ses frustrations.

Puisque c’est nous l’Adulte, nous devons retourner vers cet enfant, faire le premier pas, et le reconnaître. C’est à cette condition que nous accéderons à notre vérité d’être et réinstaurerons notre spontanéité.

C’est ainsi que nous ne ferons plus semblant de nous adapter à ce qui ne nous ressemble pas,

C’est ainsi que nous cesserons d’oublier nos difficultés en nous offrant toujours plus de choses pour compenser,

C’est en prenant la main de notre enfant intérieur, avec amour, bienveillance, tendresse, que nous allons le libérer de sa prison du Passé, pour nous libérer entièrement.

Bibliographie sur le sujet :

« A la recherche des câlins perdus » - Giulio Cesare Giacobbe

« Le principe du petit pingouin » - Denis Doucet

« Les 5 blessures qui empêchent d'être soi-même » - Lise Bourbeau