Comportements compulsifs

Faut-il les blâmer ?

04 Septembre 2021

Quand je vis une situation émotionnellement douloureuse (humiliation, critique, vexation, rejet, injustice, jugement, trahison…), cela fait à mon psychisme l’effet d’une plaie béante : ça pique, ça brule ! Mon inconscient va donc décider, par sécurité, pour pas que tout mon système disjoncte, d’isoler cette plaie émotionnelle, de la tenir à distance, comme si je mettais un linge sur la blessure, mais sans la soigner. C’est le mécanisme de dissociation.

En même temps, compte tenu de cette blessure vive et non soignée, mon système met en place une stratégie d’évitement de sorte à ne plus me retrouver dans des situations qui viendraient la réactiver… Un peu comme si j’évitais de mettre de l’eau salée sur ma blessure à vif !

Cependant, ma stratégie d’évitement n’étant pas parfaite, je me retrouve parfois dans une situation qui réactive l’émotion douloureuse du passé… Aïe…. Ça pique !

Dans ce moment-là, il faut intervenir en urgence pour éviter que tout le système ne s’embrase. Il faut que je fasse intervenir un pompier qui va venir faire diversion pour éviter de ressentir la douleur de l’émotion réveillée. Or un pompier jette de l’eau sur l’incendie sans se préoccuper des conséquences de cette eau sur le magnifique tapis persan du salon… Et personne n’oserait lui reprocher !

Mes pompiers ce sont manger, boire, jouer des heures aux jeux vidéos, l’alcool, le chocolat, la drogue, le sexe, le shopping… toutes les addictions possibles, la colère, la violence, les automutilations, être toujours dans la  lune, faire le pitre, parler fort, monopoliser l'attention… Autant de stratégies d’urgence et donc de comportements compulsifs qui permettent de ne plus ressentir l’émotion initiale…

Or à chaque intervention du pompier, le chef de la stratégie d’évitement n’est pas satisfait et décide d’être plus strict, plus extrême et renforce sa stratégie d’évitement : autocritique, obséquiosité, perfectionnisme, exigence, auto-sabotage, jouer un rôle, … Autant de stratégies qui m’entravent dans ma réalisation et ne me permettent pas d’être VRAI-ment la personne que je suis intrinsèquement. 

C’est la raison pour laquelle il est extrêmement important d’être reconnaissant du travail de mon pompier intérieur… Il est vain d’espérer modifier un comportement addictif par la force seule de ma volonté d’arrêter, si je n’ai pas identifier quel incendie émotionnel ce comportement m’évite ! Mon pompier intérieur a, avant toute chose, un grande besoin de reconnaissance et il mérite toute ma gratitude or il est en permanence critiquer, montrer du doigt et mal vu par moi-même et notre société, alors que finalement il fait de son mieux pour maintenir l’équilibre de mon système psychique… 

Comprendre et reconnaitre l’importance du travail de mon pompier intérieur ne règle pas tout, mais c’est un pas vers la réhabilitation de l’harmonie et de la paix en Moi.


Article inspiré de « Emotions : enquête et mode d'emploi » d’Art-Mella