Accepter la Mort...

... pour une vie qui bouge!

31 Juillet 2017

La Mort est souvent perçue comme quelque chose d’inacceptable.

Pourtant, sans vraiment nous en rendre compte nous sommes confrontés à la Mort tous les jours. Tous les jours, nous assistons impuissants à la mort d’une journée pour en laisser naitre une nouvelle. Chaque 31 Décembre, nous fêtons la Mort d’une année qui laisse la place à une année nouvelle. Nous percevons même parfois la prochaine journée comme la promesse de quelque chose de nouveau, de différent : « Demain sera un autre jour ! » Donc force est de constater que nous comptons sur ce cycle de renouvellement pour évoluer, pour passer à autre chose.

La Mort fait donc partie de la vie ! Tout au long de notre vie nous mourons à différents états pour renaître à d’autre. La fin d’un amour donnera la vie à un autre, la fin d’un travail donnera naissance à une nouvelle expérience professionnelle, la fin de l’enfance laisse la place à la vie d’adulte… Toutes ces morts (symboliques, évidemment !) ouvrent la perspective du changement. Sans cela, notre vie serait plate, atone, sans contraste. Beaucoup de personnes souhaitent le changement mais sans rien abandonner dans leur vie, sans accepter de laisser partir quelque chose. Si nous voulons être demain, il faut accepter que aujourd’hui ne meurt. Demain ne peut pas éclore tant que  nous sommes encore aujourd’hui. D’accord ? Donc avant de voir s’installer un changement, une nouveauté dans notre vie, il faut accepter de faire de la place, accepter que quelques chose meurt. La Mort subvient en général quand quelques chose est vieux, usé, dépassé ou pas viable, ou parfois dangereux. Il est donc important de savoir identifier les choses dépassées, périmées, obsolètes, bancales ou toxiques dans nos vies pour accepter de les laisser mourir. La Mort invite à la purification et à la nouveauté.

Quand on parle de tunnel, avec une grande lumière blanche au bout, de gens qui nous attendent à l’autre bout… On pense instantanément aux témoignages de ces personnes qui ont vécu des Expériences de Mort Imminente. Pourtant si on accepte d’y regarder autrement, est ce que tous ces éléments (le tunnel, la lumière, les gens bienveillants au bout) ne pourraient-ils pas décrire l’expérience de la Naissance ? Ne sommes-nous pas arrivés par un grand tunnel obscur, au bout duquel il y avait la lumière du jour et tous nos proches ensuite pour nous accueillir ? Alors expérience de mort ou de naissance ? Confondant, non ?

Tant que nous n’acceptons pas l’idée de la Mort comme une étape préalable à la nouveauté, tant qu’elle nous effraie, on bloque notre énergie à retenir toutes ces choses qui ne demandent qu’à partir. Cette énergie qui sert au blocage n’est donc pas au service de la construction de nouvelles choses. Imaginons une promenade avec un chien. Si votre chien doit être tenu fermement en laisse, si il tire, vous allez mettre énormément d’énergie et de concentration dans la conduite du chien. Pendant ce temps-là, vous profitez très peu du paysage et de la promenade. Si, au préalable, de l’énergie avait été mise dans l’éducation du chien, vous pourriez aujourd’hui vivre de manière autrement plus agréable cette promenade avec votre compagnon à 4 pattes qui marcherait fidèlement à vos côtés. La promenade a une autre saveur, non ?

Il est donc important d’apprendre à accepter les choses, même celles avec lesquelles nous ne sommes pas d’accord. Dire oui à la vie, mais aussi dire oui aux soucis et à la Mort. Aux soucis et à la Mort ? L’acceptation n’est pas se réjouir de ce qui arrive, mais c’est de constater que c’est là. Soit dit en passant, combien de fois avez-vous accepté un cadeau que vous n’aimiez pas ?... 

Quand on est conscient que quelque chose est là, on peut passer à l’autre étape qui est « que vais-je en faire ? » Quand on accepte une situation, on peut alors commencer à réfléchir à toutes sortes de possibilités : attendre ? bouger ? dans quel sens ? … Christophe André, psychiatre et psychothérapeute précise dans son « Abécédaire de psychologie positive », « Souvent, nous pensons que la révolte du « non » (« non ce n’est pas possible », « non je vais me battre ») est supérieure à la force du « oui, j’accepte que c’est là ». (…) L’acceptation avant le choix de l’action adaptée »